Au printemps 1886, Paul Gauguin et Émile Bernard se rencontrent à Pont-Aven, bientôt rejoints à la pension Gloannec par d’autres artistes dont Paul Sérusier et Charles Laval… Aux français s’ajoute une petite colonie étrangère: américains, britanniques et quelques peintres venus d’autres pays comme le polonais Slewinski. Quand ils ne se retrouvent pas dans le bourg, ils vont au Pouldu, un village de la côte situé à une vingtaine de kilomètres.
Souvent, ils ont fui la modernité parisienne pour s’isoler en Bretagne dont le mode de vie plus archaïque répond à leur besoin de développer une nouvelle approche de la peinture par un « retour aux sources ». Or, Pont-Aven apparaît comme le lieu idéal. Paul Gauguin confie: « Quand mes sabots retombent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. » Cette commune du Finistère possède une identité singulière, fruit de son activité portuaire ouverte vers l’extérieur, de la foi simple des habitants et de sa production agricole. Le travail des champs devient l’un des motifs picturaux préféré des peintres avides de primitif : l’Aven et ses moulins, les forêts et les bois, le chemin de fer, les églises et les croyants, les marchés, les fêtes et les costumes… La campagne les attire, ils privilégient l’activité sur le motif.

Toutefois, ce que partagent les peintres de cette nouvelle génération à la fin du 19 ème siècle est que leur peinture toile ne doit plus représenter fidèlement la nature, plutôt incarner leur intériorité. Autrement dit, le peintre synthétise et symbolise ses idées, ses pensées, ses sentiments à travers son art. Les termes « synthétisme » et « symbolisme » apparaissent au cours de l’exposition « Peintres synthétiques et symbolistes » au café Volpini à Paris en 1889.

Cette nouvelle peinture impose une simplification des formes et des couleurs. Les détails ne sont pas nécessaires et les plans sont simples ; tandis que les larges aplats de couleurs sont cernés par de puissantes lignes noires. Le résultat semble osciller entre simplicité et imaginaire. Quant aux influences, elles s’inscrivent à la fois dans la tradition des estampes japonaises et dans l’art gothique, notamment de la conception des vitraux médiévaux. Le « cloisonnisme » est d’ailleurs l’autre terme utilisé pour qualifier ce mouvement. Le tableau le plus représentatif de la période est « Vision après le sermon » de Paul Gauguin de 1888. (image)

Plus d’un siècle après la formation de l’école de Pont-Aven certains, parmi les artistes qui perpétuent cette tradition ou cherchent à renouveler ce mouvement,  sont exposés à la galerie Izart : André Even, Bruno Tremohars…